Bonjour REIMS !

Bonjour REIMS !

Sur les traces des deux guerres mondiales depuis Reims

Mémorial national des batailles de la Marne et ossuaire
Patrimoine · Histoire

Sur les traces des deux guerres mondiales depuis Reims

Musées, mémoriaux et champs de bataille — de Reims jusqu'à Verdun

1914–1918 Première Guerre mondiale
1939–1945 Seconde Guerre mondiale

Peu de villes françaises portent aussi profondément l'empreinte des deux guerres mondiales que Reims. Durant la Première Guerre mondiale, les lignes allemandes s'établissent à seulement 1 500 mètres du centre-ville et n'en bougent plus pendant quatre ans. Reims subit 1 051 jours de bombardements continus. La cathédrale Notre-Dame, touchée dès le 19 septembre 1914, voit sa charpente prendre feu, ses vitraux exploser sous la chaleur, ses gargouilles fondre. La ville, détruite entre 80 et 90 %, voit sa population passer de 120 000 à quelques milliers d'habitants. Ceux qui restent descendent vivre dans les caves de Champagne, transformant ces galeries souterraines en véritable ville parallèle, où des enfants naissent et des écoles fonctionnent dans l'obscurité.

Puis vient la Seconde Guerre mondiale. Le 7 mai 1945 à 2h41 du matin, dans une petite école de briques rouges de la rue Franklin-Roosevelt — que le général Eisenhower utilise depuis février comme quartier général du corps expéditionnaire allié —, l'acte de capitulation de l'Allemagne nazie est signé. La guerre en Europe prend fin à Reims. La même ville qui avait enduré quatre ans de bombardements devient le lieu où le conflit le plus meurtrier de l'histoire s'achève officiellement.

Dans un rayon qui va du quart d'heure à deux heures de route, la région concentre une densité exceptionnelle de sites — musées, mémoriaux, nécropoles et vestiges — qui racontent, nation par nation, ce que ces deux guerres ont fait aux hommes et aux paysages.

Monuments à Reims

  • Monument aux morts — Place de la République (1930). À la mémoire de 4 567 Rémois : 3 827 soldats et 740 victimes civiles.
  • Monument aux morts des 132e RI, 332e RI et 46e RIT — Place Léon Bourgeois (1925). Hommage aux régiments rémois.
  • Monument aux héros de l'Armée noire — Parc de Champagne. Hommage aux tirailleurs sénégalais défenseurs de Reims en 1918. Érigé en 1924, détruit par les Allemands en 1940, reconstitué en 2013, inauguré par le président de la République en 2018.
  • Monument aux martyrs de la Résistance et de la Déportation — Hautes Promenades. Porte les noms des Rémois victimes de la répression nazie.
  • Mémorial aux aviateurs alliés — Rue Jean Mackenzie.
  • Bornes Vauthier — Avenue de Laon et route de Witry. Jalonnent l'emplacement de l'ancien front autour de la ville.

Reims et ses abords

Les sites les plus proches — de 0 à 15 km

centre
Reims
1939–1945

Musée de la Reddition — depuis le 7 mai 2026 🇺🇸

12 rue Franklin-Roosevelt, Reims

Dans cette petite école de briques rouges, le général Eisenhower installe en février 1945 le quartier général suprême des forces alliées en Europe. C'est ici que, dans la nuit du 6 au 7 mai 1945, les émissaires de l'amiral Dönitz signent l'acte de capitulation du IIIe Reich. À 2h41 du matin, la guerre en Europe est officiellement terminée.

La War Room — la salle des cartes où fut signé l'acte — est restée quasiment en l'état depuis cette nuit historique. Classée Monument Historique depuis 1985. Fermé depuis mai 2025 pour rénovation complète, le musée a rouvert le 7 mai 2026, pour le 81e anniversaire exact de la signature, avec un parcours entièrement repensé et des outils numériques multilingues. Il attire jusqu'à 60 % de visiteurs étrangers, le chiffre le plus élevé de tous les musées rémois.

10 km
1914–1918

Musée du Fort de la Pompelle

~10 km · environ 10 min · D944 direction Châlons

Construit entre 1880 et 1883 dans le cadre de la ceinture fortifiée de Reims — un arc de dix ouvrages conçus par le général Séré de Rivières après la défaite de 1870 —, le Fort de la Pompelle est le seul de ces dix forts à être resté aux mains des forces françaises pendant toute la durée de la guerre. Les neuf autres (Brimont, Witry, Nogent l'Abbesse, Saint-Thierry, Montbré, Berru, Chenay, Fresnes, Loivre) ont été occupés par les Allemands dès septembre 1914, leur offrant des positions d'où ils pouvaient pilonner la ville pendant quatre ans. Reconquis le 24 septembre 1914, il est devenu la clé de voûte de la défense du secteur. Deux brigades russes y stationnent en 1916 et 1917 — épisode peu connu que le musée documente avec précision.

La collection est remarquable : uniformes, équipements, objets du quotidien des tranchées, pièces d'artillerie — et surtout la collection Friesé, 560 coiffes de l'armée impériale allemande, unique au monde. Application gratuite Baludik pour un jeu de piste dans les abords. Ouvert tous les jours sauf le lundi, 10h–18h. Entrée payante.

Pour les passionnés de fortifications : les vestiges des forts de Nogent l'Abbesse et de Saint-Thierry sont accessibles librement ; le fort de Brimont, remarquablement conservé, se visite sur demande auprès de la mairie de Brimont.

15 km
1914–1918

Cimetière militaire allemand de Berru 🇩🇪

~15 km · environ 15 min depuis Reims

À flanc de la colline de Berru, à un quart d'heure à peine de Reims, ce cimetière rassemble les dépouilles de plus de 17 000 soldats allemands, dont environ 4 500 en ossuaire. La sobriété des stèles de basalte sombre, caractéristique des nécropoles militaires allemandes entretenues par le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge, contraste avec l'esthétique des cimetières alliés. Ces jeunes hommes, envoyés au combat comme ceux d'en face, méritent la même mémoire. Un arrêt bref, mais essentiel.

À moins d'une heure

Cinq sites de 40 à 65 km — accessibles à la journée

40 km
1914–1918

Mémorial des Batailles de la Marne — Dormans 🇺🇸 🇬🇧

~40 km · environ 30 min · via A4

Construit entre 1921 et 1931 à l'initiative du maréchal Foch — qui choisit ce site comme lieu « synthétique » des deux batailles de la Marne (1914 et 1918) —, ce mémorial est l'un des quatre monuments nationaux de la Première Guerre mondiale, aux côtés de l'ossuaire de Douaumont, de Notre-Dame-de-Lorette et du Hartmannswillerkopf. Chapelle, crypte, ossuaire d'environ un millier de soldats de toutes nationalités, et point de vue panoramique sur la vallée de la Marne. Lors de la contre-offensive du 18 juillet 1918 dans ce secteur, des soldats français, britanniques, américains, italiens et canadiens combattirent côte à côte. Entrée libre pour les individuels.

43 km
1914–1918

Centre d'interprétation Marne 14-18 — Suippes 🇺🇸

~43 km · environ 36 min depuis Reims

Installé sur l'ancien front de Champagne, ce centre occupe une position géographique symbolique : exactement au carrefour des routes vers Verdun et vers le Chemin des Dames. Le parcours, organisé en sept espaces scénographiques, donne la priorité aux témoignages humains — celui de la famille Papillon notamment, dont trois frères combattent au front tandis que leur sœur tient l'arrière, adapté en film d'après leur correspondance de guerre. Des bornes biométriques permettent d'endosser le destin d'un personnage réel. Des troupes américaines stationnaient dans le secteur en juillet 1918, lors de la bataille défensive de Champagne. Escape game numérique sur tablette disponible. Ouvert mardi–dimanche, 13h–18h.

50 km
1914–1918

L'Ossuaire de Navarin

~50 km · environ 45 min · D977, plaine de Champagne

Au bord de la D977, sur la plaine champenoise, cette chapelle-crypte renferme les ossements de 10 000 soldats de toutes nationalités morts sur le Front de Champagne. La sobriété du lieu — une chapelle en pierre, un panorama immense sur une plaine qui n'en finit pas — frappe davantage que les grands musées. C'est ici que repose le général Gouraud, commandant de la 4e armée française, qui anticipa et brisa la dernière grande offensive allemande du 15 juillet 1918 en faisant évacuer la première ligne avant le bombardement. Entrée libre.

65 km
1914–1918

La Caverne du Dragon et le Chemin des Dames 🇬🇧

~65 km · environ 55 min · via A26 direction Laon

Le Chemin des Dames est aujourd'hui une route départementale tranquille entre Laon, Soissons et Reims. Pendant la Première Guerre mondiale, c'est l'un des terrains de combat les plus meurtriers du front occidental. La Caverne du Dragon, musée aménagé dans un réseau de galeries souterraines utilisé tour à tour par les deux armées, permet de saisir physiquement ce qu'a représenté cette guerre souterraine. À 15 mètres de profondeur, à 12°C, la visite guidée (obligatoire) raconte la vie de ces hommes qui se battaient, dormaient et mouraient sous la même colline.

Les Britanniques ont combattu sur ce front à deux reprises : en septembre-octobre 1914, la British Expeditionary Force y perd environ 12 500 hommes en six semaines ; puis en mai 1918, trois divisions en repos sont submergées par l'offensive Ludendorff. Cinq cimetières militaires britanniques jalonnent le plateau. Centre d'accueil en accès libre, mémorial virtuel consultable. Fermé le mardi matin.

65 km
1939–1945

Camp de Margival — le « Ravin du Loup » 🇩🇪

~65 km · environ 55 min · direction Soissons

Entre les villages de Margival et Laffaux dans l'Aisne, Hitler fait construire en secret à partir de 1942 le plus grand quartier général allemand d'Europe : 475 bunkers en béton armé sur 100 hectares, édifiés par quelque 22 000 travailleurs forcés. Le nom de code du site, Wolfsschlucht 2 — le « Ravin du Loup » —, reprend le thème du loup cher à Hitler. Un tunnel ferroviaire de 600 mètres était prévu pour abriter son train spécial en cas d'attaque.

Hitler n'y vient qu'une seule fois : le 17 juin 1944, onze jours après le débarquement, pour conférer avec Rommel et Von Rundstedt. Dans la nuit, un V1 explose à trois kilomètres ; il repart en Allemagne le soir même. En août 1944, c'est depuis ce site que le maréchal Model transmet à Von Choltitz l'ordre de brûler Paris — ordre auquel Von Choltitz refusera d'obéir. Classé Monument Historique depuis 2014.

⚠️ Avant de vous déplacer Visites guidées gratuites, uniquement certains week-ends d'avril à septembre (association ASW2). Entrée interdite hors des dates prévues — notamment en période de chasse (octobre à fin février). Environ 1 km de marche. Non accessible PMR. Consulter impérativement le calendrier de l'ASW2.

À plus d'une heure

Six destinations de 97 à 135 km — pour un séjour mémoriel approfondi

97 km
1914–1918 1939–1945

Clairière de l'Armistice — Compiègne 🇬🇧 🇩🇪

97 km · environ 1h15

Cette clairière de la forêt de Compiègne est l'un des rares sites au monde à avoir joué un rôle décisif dans deux guerres mondiales. Le 11 novembre 1918 à 5h15, l'armistice y est signé dans le wagon du maréchal Foch par les représentants alliés (France et Grande-Bretagne) et les plénipotentiaires allemands. Vingt-deux ans plus tard, le 22 juin 1940, Hitler exige délibérément de signer la capitulation française dans le même wagon, au même endroit, pour effacer l'humiliation de 1918. Il ordonne ensuite la destruction du site. Le wagon original est emmené à Berlin, exposé en trophée, puis détruit par le feu en avril 1945 en Thuringe.

Le wagon visible aujourd'hui est un wagon de la même série, aménagé à l'identique — le mémorial l'indique clairement. Musée entièrement rénové en 2018. Ouvert tous les jours (fermé le mardi en période hivernale).

98 km
1914–1918

Musée de la Grande Guerre — Meaux 🇺🇸

~98 km · environ 1h05 · via A4

Le plus grand musée européen consacré à la Première Guerre mondiale est implanté à Meaux, au pied d'un mémorial américain de 26 mètres offert en 1932 par les citoyens des États-Unis. Meaux est le site de la Première bataille de la Marne (septembre 1914), qui stoppa l'avance allemande sur Paris — la victoire qui, côté est, trouve son prolongement dans la Deuxième bataille de la Marne de 1918 autour de Reims. Près de 70 000 objets et documents, vision délibérément internationale couvrant tous les pays belligérants. Tranchée reconstituée de 100 mètres ajoutée en 2024. Fermé les mardis et environ trois semaines en août.

120 km
1914–1918

Cimetière américain Meuse-Argonne — Romagne-sous-Montfaucon 🇺🇸

~120 km · environ 1h30 · direction Verdun puis nord

Le plus grand cimetière militaire américain de la Première Guerre mondiale : 14 246 soldats sur 52 hectares, leurs noms gravés sur des stèles de marbre blanc de Carrare. Ces hommes sont tombés lors de l'offensive Meuse-Argonne (26 septembre – 11 novembre 1918), la plus grande opération militaire jamais conduite par l'armée américaine à ce jour — près d'un million de soldats sous le général Pershing, 26 000 morts en quarante-sept jours. Le centre des visiteurs reconstitue l'atmosphère des premiers pèlerinages des familles endeuillées dans les années 1920. Accès libre au cimetière. Centre ouvert lundi–vendredi, 9h–17h.

122 km
1914–1918

Verdun — Mémorial et Ossuaire de Douaumont 🇩🇪

122 km · environ 1h15 · via A4

La bataille de Verdun (février-décembre 1916) reste dans la mémoire collective comme le symbole de la guerre industrielle : environ 300 000 morts et quelque 700 000 victimes au total, pour un gain territorial nul. Le Mémorial de Verdun, installé au cœur du champ de bataille à Fleury-devant-Douaumont, propose un parcours franco-allemand restituant l'intensité et la durée des combats. À deux kilomètres, l'Ossuaire de Douaumont contient les ossements de 130 000 soldats non identifiés, français et allemands mêlés, visibles à travers les petites fenêtres de la base du monument. Les forts de Vaux et de Douaumont complètent la visite. Prévoir une journée entière.

135 km
1914–1918

La Butte de Vauquois — Argonne

~135 km · environ 1h40 · combinable avec Verdun

L'un des sites les moins connus de la Grande Guerre, mais parmi les plus saisissants. Cette colline de l'Argonne a été le théâtre d'une guerre strictement souterraine : 519 mines et contre-mines creusées entre 1914 et 1918, qui ont littéralement fendu la butte en deux par un gouffre de plusieurs dizaines de mètres. L'Association des Amis de Vauquois organise des visites guidées permettant de descendre dans les galeries encore accessibles. À combiner logiquement avec une journée à Verdun.

⚠️ Avant de vous déplacer Visites guidées organisées par l'Association des Amis de Vauquois selon un calendrier spécifique. Galeries non accessibles en visite libre. Consulter le site de l'association avant tout déplacement.

Questions pratiques

Combien de jours prévoir pour visiter tous ces sites depuis Reims ?

Un minimum de quatre à cinq jours est nécessaire. Une journée pour Reims et ses abords immédiats, une pour le Chemin des Dames et Suippes, une pour Dormans et Margival, et une ou deux journées pour le secteur Verdun–Vauquois–Romagne d'un côté, Meaux et Compiègne de l'autre — ces deux dernières destinations étant dans des directions opposées depuis Reims.

Un véhicule est-il indispensable pour ce type de séjour ?

Oui, pour la grande majorité des sites. Le Musée de la Reddition est accessible depuis le centre de Reims. Tous les autres nécessitent un véhicule. Le cimetière américain de Romagne-sous-Montfaucon est inaccessible en transports en commun.

Le Camp de Margival est-il accessible librement ?

Non. Les visites sont organisées par l'association ASW2 uniquement certains week-ends d'avril à septembre. L'entrée est strictement interdite en dehors des dates prévues, notamment pendant la période de chasse (octobre à fin février). Il est impératif de consulter le calendrier de l'ASW2 avant tout déplacement.

Quelle est la meilleure période pour visiter ces sites ?

Le printemps et l'automne offrent les conditions les plus agréables pour les sites en plein air (Butte de Vauquois, champ de bataille de Verdun, Camp de Margival). Le Musée de la Grande Guerre de Meaux ferme environ trois semaines en août. Le 11 novembre et le 8 mai donnent lieu à des cérémonies officielles sur la plupart des sites.

Reims n'est pas seulement la ville d'où l'on part pour découvrir les lieux qui témoignent des deux guerres mondiales. Elle est elle-même l'un de ces lieux — ville martyre en 1914-1918, ville de la capitulation nazie en 1945, et aujourd'hui symbole vivant de la réconciliation franco-allemande. Ce que ces lieux ont en commun, par-delà les drapeaux et les frontières, c'est d'inviter à ne pas oublier.

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