Bonjour REIMS !

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Circuit Art Déco de Reims

Guide de visite

Reims Art Déco

Le grand circuit à pied en 16 étapes — levez les yeux !

Tout le monde vient à Reims pour la cathédrale et les caves à champagne. C'est très bien, et c'est mérité. Mais entre la cathédrale gothique et le premier verre de bulles, il y a une ville entière à regarder — et pas n'importe laquelle. Reims possède l'un des patrimoines Art déco les plus denses et les mieux conservés de France, héritage direct de sa reconstruction après la Première Guerre mondiale.

En 1918, la cité des sacres est à 80 % détruite. En moins de vingt ans, elle se relève de fond en comble — et elle le fait avec style. Architectes, maîtres verriers, ferronniers, mosaïstes : les meilleurs artisans de l'entre-deux-guerres convergent vers Reims pour bâtir une ville neuve, moderne, et délibérément belle. Le résultat ? Un centre-ville qui ressemble à un musée à ciel ouvert, à condition de savoir où regarder.

Ce parcours vous emmène des Halles du Boulingrin jusqu'à l'église Saint-Nicaise, en longeant les grandes artères reconstituées, en s'arrêtant dans les brasseries et salons de thé d'époque, et en levant régulièrement les yeux vers des plafonds que beaucoup de Rémois eux-mêmes n'ont jamais vus. Comptez une journée complète (6 à 8 heures) pour les 16 étapes — environ 4 à 5 km à pied dans le centre, les deux dernières nécessitant un transport ou 30 min supplémentaires. Des chaussures confortables, et l'habitude de marcher lentement.

1

Halles du Boulingrin — le point de départ

Place du Boulingrin, 51100 Reims

Marchés : vendredi 7h–13h · samedi 6h–14h

Commencez tôt, de préférence un vendredi ou un samedi matin, pour voir les Halles dans leur plein usage. Ce grand vaisseau de béton armé, inauguré en octobre 1929, est une prouesse d'ingénierie signée de l'architecte Émile Maigrot : sa voûte parabolique franchit 38 mètres sans un seul appui central — à l'époque, un pari technique que beaucoup jugeaient risqué. Le béton armé était encore un matériau que les architectes traditionnels regardaient avec méfiance ; Maigrot leur a donné tort avec fracas.

Ce qui est moins connu : dans les années 1980, les Halles ont failli être démolies. Longtemps laissées à l'abandon après la désindustrialisation du quartier, elles ont été sauvées in extremis, classées aux Monuments historiques, puis restaurées et rendues à leur usage de marché. Aujourd'hui, sous cette voûte qui amplifie les voix et les bruits des étals, on trouve fromages champenois, maraîchers locaux, charcuteries et fleurs. C'est l'endroit idéal pour comprendre d'emblée que l'Art déco rémois n'a jamais été qu'une affaire d'esthètes : c'est une architecture du quotidien, au service de la vie réelle.

2

Le Cellier — la façade la plus spectaculaire de Reims

4 bis, rue de Mars, 51100 Reims

Façade visible en permanence · Programmation sur reims.fr

En descendant la rue de Mars sur 200 mètres, vous tombez sur une façade qui arrête net. Le Cellier, construit en 1898 par l'architecte Ernest Kalas pour les champagnes Jules Mumm, est aujourd'hui un lieu culturel municipal — mais son habillage extérieur, inscrit aux Monuments historiques depuis 1997, reste l'un des plus spectaculaires de la ville.

Cinq grands panneaux de mosaïque d'Auguste Guilbert-Martin illustrent les étapes de la fabrication du champagne : vendange, pressurage, tirage, remuage, dégorgement. Une grande porte circulaire en métal évoque la forme d'un foudre. Quatre cariatides sculptées incarnent les vertus du vin — Virtus, Ingenium, Amor, Gaudium — avec un sérieux qui donne légèrement envie d'ouvrir une bouteille sur le trottoir. Détail savoureux : ces allégories solennelles ornent ce qui était avant tout un entrepôt d'expédition. Mumm voulait que même ses quais de chargement aient de la gueule. On ne peut pas lui donner tort.

3

Les Galeries Rémoises — une façade Art déco rescapée

7, rue du Docteur-Jacquin, 51100 Reims

Observation depuis la rue

200 mètres plus au sud, la façade des Galeries Rémoises (Margotin & Roubert, entre-deux-guerres) a survécu à toutes les conversions successives du bâtiment. Grand magasin concurrent du Petit Paris à l'origine, il est devenu le Printemps de Reims avant que ce dernier ne ferme en 2003, puis a été restructuré en logements. Mais la façade Art déco est restée — et avec elle, chose rare, l'enseigne gravée « Galeries Rémoises — Maison Lorin et Tricot ». C'est une belle leçon de recyclage architectural : quand on ne peut pas garder l'usage, on garde au moins la façade, et avec elle un siècle d'histoire commerciale rémoise.

4

L'Hôtel de la Mutualité & le Cours Langlet — le safari détails

11, rue des Élus / cours Jean-Baptiste-Langlet, 51100 Reims

Façades visibles librement · Visites guidées aux Journées du Patrimoine

Le Cours Langlet s'ouvre comme un manuel illustré de l'Art déco rémois. Sur cet axe majeur de la reconstruction, les immeubles d'habitation et de bureaux se succèdent avec leurs bow-windows, balcons en ferronnerie travaillée, baies d'angle et frises géométriques. C'est le terrain idéal pour un « safari détails » : comptez les losanges, repérez les têtes sculptées entre les étages, observez comment chaque immeuble rivalise discrètement avec ses voisins.

Au cœur de cet ensemble, l'Hôtel de la Mutualité (1924–1927, architectes Albert Cuvillier et Ferdinand Amann) est l'un des rares bâtiments de la reconstruction à avoir été entièrement financé par une maison de champagne — Louis Roederer — pour un usage purement social : abriter les caisses de secours mutuel et le conservatoire de musique. En d'autres termes, une maison de champagne a payé pour que les ouvriers rémois aient accès aux soins et à la musique. Les bas-reliefs d'Édouard Sediey consacrés aux arts — sculpture, musique, peinture, architecture — traduisent cette ambition en pierre. Pour un édifice mutualiste, c'est d'une élégance assez folle.

5

Au Petit Paris — façade primée et verrière murée de Jacques Simon

2, rue de l'Étape (angle rue de Talleyrand), 51100 Reims

Façade et mosaïque-enseigne visibles depuis la rue

En descendant vers la rue de Talleyrand, l'immeuble des anciens grands magasins Au Petit Paris (architectes Edmond Herbé et Maurice Deffaux, inauguré le 26 mars 1923) se repère à l'angle de la rue de l'Étape. À l'origine, un escalier monumental grimpait sous une vaste verrière-coupole de Jacques Simon, considérée comme l'une des plus belles verrières Art déco de Reims.

La rénovation de 1973 a détruit l'escalier et masqué la coupole derrière un faux plafond — ce que les bombardements de 1918 n'avaient pas réussi à faire. Il reste la façade, primée dès 1923 au concours de façades de l'Union Rémoise des Arts Décoratifs, et une mosaïque-enseigne côté rue de l'Étape. Quant à la verrière : elle est là, quelque part au-dessus des têtes, dans l'obscurité. En attendant quelqu'un qui daigne la rouvrir.

6

Le Passage Subé — l'Art déco dans toute sa pureté

rue de l'Étape, 51100 Reims

Accessible 24h/24

Le Passage Subé s'ouvre juste en face du Petit Paris, côté rue de l'Étape. L'un des derniers passages couverts créés en France, conçu d'emblée dans un style Art déco pur, il a été percé pendant la reconstruction pour permettre aux clients de flâner à l'abri. À noter : il se croise avec le passage Talleyrand, formant un petit réseau couvert qui relie plusieurs enseignes entre elles. Sous ses verrières zénithales portées par une structure métallique, ornements géométriques signés Édouard Sediey — le même sculpteur que la bibliothèque Carnegie et l'Hôtel de la Mutualité. Ce n'est pas un bâtiment reconstruit ni restauré : c'est un intérieur des années folles qui a traversé un siècle sans se déguiser.

7

La façade du Cinéma Opéra — entre Art nouveau et Art déco (1923)

Rue de Thillois, 51100 Reims

Façade visible 24h/24

En prenant la rue de Talleyrand vers l'ouest puis la rue de Thillois, une façade de 1923 mérite une halte même si l'on n'entre pas. L'ancien Cinéma Opéra est un condensé de tout ce que la grande époque des salles obscures aimait : grand arc central, cariatides, cornes d'abondance, vitraux, décoration sculptée en cascade. Elle illustre parfaitement le moment de bascule entre les dernières volutes de l'Art nouveau et les lignes plus franches de l'Art déco — un pied dans chaque style, ce qui est exactement la situation de Reims en 1923, ville en train de se réinventer dans l'urgence. La salle a depuis longtemps disparu derrière la façade, mais celle-ci fait toujours son petit effet aux passants qui lèvent les yeux.

8

Waïda — pause obligatoire, décor Art déco intact depuis 1923

5, place Drouet-d'Erlon, 51100 Reims

Mercredi–vendredi 8h–19h30 · Samedi 8h–20h · Dimanche 8h–13h30 et 15h30–19h

En remontant vers la place Drouet-d'Erlon, la maison Waïda, fondée en 1923, est l'un des rares commerces de la reconstruction à avoir conservé son décor d'origine quasi intact : verrière intérieure, mosaïques colorées au sol et aux murs, panneaux de marqueterie, vitraux de l'atelier Simon-Marq, ferronneries et luminaires d'époque.

Ce qui est remarquable, c'est que ce décor n'a pas été « restauré » au sens muséal du terme — il a simplement été utilisé, entretenu, habité pendant un siècle. La maison est encore tenue par la famille fondatrice, ce qui explique sans doute pourquoi aucun gestionnaire de chaîne n'a jamais eu l'idée de tout refaire à neuf. C'est la halte parfaite pour comprendre ce qu'était un commerce de qualité de la reconstruction — et pour débattre, très sérieusement, de la question du deuxième dessert.

9

L'Immeuble Kodak — le premier gratte-ciel de Reims (1929–1930)

65, rue de Vesle (angle rue des Capucins), 51100 Reims

Observation en façade

En descendant vers la rue de Vesle, l'Immeuble Kodak (1929–1930, Lucien Gillet) se repère de loin grâce à son pan coupé d'angle, son élancement et son belvédère au sommet. Il doit son surnom au magasin Kodak installé au rez-de-chaussée — mais sa vraie célébrité locale vient de son ascenseur, le premier de la ville. Dans un Reims en pleine reconstruction, où l'on habitait encore souvent dans des baraquements provisoires, l'ascenseur était une attraction à part entière : des gens venaient spécialement pour le prendre. Ce petit gratte-ciel local regardait ses voisins du haut de ses étages avec une condescendance tout à fait assumée.

10

Le Familistère des Docks Rémois — Mercure veille sur tout

Angle rue de Vesle / rue de Talleyrand, 51100 Reims

Façades visibles en permanence

En continuant rue de Vesle vers l'est, le Familistère des Docks Rémois, construit par l'architecte Pol Gosset et ouvert en décembre 1928, est un vaste édifice à ossature béton rythmé de grandes travées — et coiffé d'un dôme octogonal surmonté d'un Mercure, dieu du commerce, qui surveille les alentours avec le regard de quelqu'un qui aurait lu tous les contrats.

Ce bâtiment fut un pionnier de la grande distribution moderne : siège social, grand magasin et showroom permanent en un seul lieu, il accueillait aussi la première École de commerce de Reims. Les ferronneries intérieures étaient signées Raymond Subes — l'un des plus grands ferronniers de l'époque — mais elles ont disparu lors d'une rénovation en 1989. Le même gâchis que la verrière du Petit Paris, à quarante ans d'intervalle.

11

L'Opéra de Reims — ne pas se fier à la façade

1, rue de Vesle (entrée rue Chanzy), 51100 Reims

Billetterie : mar. mer. ven. 14h–18h · sam. 14h–17h · Visites guidées via Reims Tourisme

À deux pas du Familistère, l'Opéra reconstruit, rouvert en 1931, cache derrière sa façade néo-classique un intérieur Art déco d'une ambition folle. La façade extérieure, sage et académique, était un choix délibéré : les architectes savaient que la ville, traumatisée par la destruction, voulait retrouver ses repères. L'audace, ils l'ont gardée pour l'intérieur.

La restructuration intérieure est l'œuvre des architectes François Maille et Louis Sollier ; les bas-reliefs de la grande cage d'escalier sont signés Marcelle Sollier, sœur de Louis — l'un des rares exemples de signature féminine sur un grand chantier de la reconstruction. Au-dessus de tout trône le lustre-bouclier monumental en métal forgé d'Edgar Brandt, l'un des plus grands ferronniers du XXe siècle, dont les verres sortent de l'atelier Simon. Et le plafond peint par René Rousseau-Decelle célèbre les fêtes de Bacchus avec une exubérance qui jure délicieusement avec la sévérité de la façade. Pour voir l'intérieur : venez assister à un spectacle — c'est la meilleure raison.

12

Le Café du Palais — déjeuner sous la verrière Jacques Simon

14, place Myron Herrick, 51100 Reims

Mardi–vendredi 9h–21h · Samedi 9h–23h · Réservation conseillée

À cinquante mètres de l'Opéra, sur la place Myron Herrick — du nom de l'ambassadeur américain présent à l'inauguration de la bibliothèque Carnegie —, le Café du Palais est ouvert depuis 1930 et tenu par la même famille depuis le début. Trois générations ont accumulé ici une collection d'objets hétéroclites, de peintures, d'affiches et de curiosités qui tapissent les murs du sol au plafond dans un joyeux désordre champenois.

Mais c'est au fond de la salle que tout se joue : une grande verrière Art déco de 1928, signée Jacques Simon, laisse filtrer la lumière à travers un ciel peuplé d'oiseaux mauves et de nuages indigo. La cuisine est bonne, le champagne au verre est à prix raisonnable, et le plafond vaut à lui seul le détour. Vous avez largement marché pour le mériter.

13

L'Hôtel des Postes & le Comptoir de l'Industrie — la grandeur civile

Rue Cérès, 51100 Reims

Hall de la Poste : lun. 10h–18h · mar.–ven. 9h30–18h · sam. 9h30–12h30

En remontant vers la rue Cérès après le déjeuner, deux édifices se font face et témoignent chacun à leur manière de l'ambition de la reconstruction.

L'Hôtel des Postes, conçu à partir de 1927 par François Le Cœur, ne ressemble à aucun bureau de poste que vous ayez jamais fréquenté. Le programme était clair : la République voulait que ses services publics soient aussi beaux que les palaces privés. Le Cœur a pris la commande très au sérieux. Derrière sa façade massive et ses ornements d'entrelacs géométriques se cache une grande rotonde de 18 mètres de diamètre, coiffée d'une coupole en pavés de verre qui diffuse une lumière spectaculaire. On peut y entrer librement aux heures d'ouverture, sous couvert d'envoyer une lettre.

Juste en face, le Comptoir de l'Industrie (1922) est le pendant commercial de cette grandeur civile : façade imposante, ouvertures généreuses, mosaïques et enduits sculptés. Il incarne l'idée que la prospérité doit se lire dans les pierres autant que dans les comptes.

14

La Bibliothèque Carnegie de Reims — le chef-d'œuvre discret

2, place Carnegie, 51100 Reims

Mar. mer. ven. 10h–13h et 14h–19h · Jeu. 14h–18h · Sam. 10h–13h et 14h–18h

À 200 mètres au sud, la Bibliothèque Carnegie est l'un des chefs-d'œuvre discrets de la ville : discrète en façade (la géométrie sage de Max Sainsaulieu ne cherche pas les effets), absolument renversante à l'intérieur.

Andrew Carnegie avait fait construire plus de 2 500 bibliothèques à travers le monde anglophone au cours de sa vie. Son don à Reims après 1918 est exceptionnel : c'est l'une de ses très rares donations en France, accordée à une ville martyre qu'il n'avait jamais visitée. La bibliothèque est inaugurée le 10 juin 1928 en présence du président Gaston Doumergue et de l'ambassadeur américain Myron T. Herrick — dont la place voisine porte désormais le nom. Entre-temps, le portique d'entrée avait déjà été présenté à Paris lors de l'Exposition internationale de 1925, où il avait remporté une médaille d'or.

Dès le hall d'entrée, le ton est donné : vingt mosaïques de marbre réalisées d'après les cartons du décorateur Henri Sauvage illustrent les activités humaines, de la philosophie à l'agriculture. Au centre, le grand lustre en pendentif de Jacques Simon diffuse une lumière hors du temps. Et dans la salle de lecture, la verrière zénithale de Jacques Gruber — le grand maître verrier nancéien, passeur entre Art nouveau et Art déco — représente un livre ouvert aux armes de la ville, encadré de baies ornées d'abeilles stylisées. La devise gravée sur le fronton — Educunt folia fructum, « les feuilles produisent des fruits » — joue sur la double signification du mot feuille : végétale et livresque. Tout Reims est là-dedans.

En dehors du centre

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La Piscine du Tennis-Club — même barboter avait du style (1920–1922)

15, rue Lagrive, 51100 Reims

Visible de l'extérieur · Ouverte ponctuellement aux Journées du Patrimoine

Construite entre 1920 et 1922, la piscine du Tennis-Club est un exemple rare d'architecture sportive Art déco : bassin encadré de colonnes, mosaïques bleues, pergolas et lignes sobres. Le club a bénéficié du mécénat d'Anne Morgan, fille du fondateur de la banque JP Morgan — troisième grande donatrice américaine après Carnegie pour la bibliothèque et Rockefeller pour la cathédrale. Décidément, Reims des années 1920 aura su convaincre l'Amérique entière. La piscine est aujourd'hui inscrite aux Monuments Historiques, en cours de restauration, et s'ouvre ponctuellement lors des Journées du Patrimoine.

16

L'Église Saint-Nicaise — les vitraux de René Lalique au cœur du Chemin Vert

Avenue de la Marne, cité du Chemin Vert, 51100 Reims

Ouverte pour les offices · Après-midi avec les Amis de Saint-Nicaise (participation suggérée)

Le quartier du Chemin Vert est lui-même un monument : cité-jardin d'inspiration anglaise, voulue par l'industriel philanthrope Georges Charbonneaux pour loger dignement les familles ouvrières après-guerre, avec ses pavillons, ses squares arborés et ses équipements collectifs. L'idée était radicale pour l'époque : offrir aux ouvriers non pas des barres de logements mais un vrai cadre de vie avec jardins, commerces et église de quartier.

Cette église, c'est Saint-Nicaise, construite en 1923-1924 par l'architecte Marcel Auburtin — l'une des premières réalisations Art déco de la reconstruction, et non des dernières. De l'extérieur, le béton sobre ne prépare à rien. À l'intérieur, c'est une révélation : verrières de René Lalique (oui, ce Lalique), peintures murales de Maurice Denis, fonts baptismaux d'Édouard Sediey. Charbonneaux avait choisi les artistes sur les conseils de Paul Jamot, futur conservateur du musée des Beaux-Arts — ce qui explique le niveau exceptionnel de l'ensemble. Un lieu à la fois humble et somptueux, qui dit beaucoup sur les ambitions sociales de la reconstruction rémoise.

Tout savoir avant de faire le circuit Art déco de Reims

Combien de temps faut-il pour faire le circuit Art déco de Reims ?

Comptez une journée complète (6 à 8 heures) pour les 16 étapes à un rythme tranquille. Les 14 premières étapes du centre-ville couvrent environ 4 à 5 km à pied. Les étapes 15 (Piscine du Tennis-Club) et 16 (Église Saint-Nicaise), hors centre, nécessitent un transport ou un détour de 30 minutes supplémentaires.

Le circuit Art déco de Reims est-il gratuit ?

La grande majorité du circuit est gratuite : les façades se découvrent librement depuis la rue, les Halles du Boulingrin, le Passage Subé et l'Hôtel des Postes (hall) sont accessibles sans billet. Seul l'Opéra de Reims nécessite un billet de spectacle pour accéder à l'intérieur. La Bibliothèque Carnegie est gratuite pendant ses heures d'ouverture.

Quel est le meilleur point de départ pour visiter l'Art déco de Reims ?

Les Halles du Boulingrin (Place du Boulingrin) sont le point de départ idéal, surtout un vendredi ou samedi matin pour profiter du marché sous la voûte de 1929. Le centre-ville Art déco s'explore ensuite naturellement vers le sud, en direction de la place Drouet-d'Erlon et de la rue de Vesle.

Peut-on visiter l'Art déco de Reims avec un guide ?

Oui. L'Office de Tourisme du Grand Reims organise régulièrement une balade Art déco guidée par un guide-conférencier agréé. Visit Reims propose également un parcours interactif en autonomie sur son site. Les Journées du Patrimoine (septembre) permettent d'accéder à certains intérieurs habituellement fermés, comme la Piscine du Tennis-Club.

Bon parcours

Ce parcours n'est qu'une sélection parmi les dizaines de bâtiments remarquables que recèle la ville. Reims Art déco, ça se flâne autant que ça se visite : les trésors les plus inattendus se trouvent souvent au détour d'une rue ordinaire, sur un porche que l'on n'avait pas prévu d'ouvrir, au-dessus d'une vitrine que l'on regardait sans la voir. Chaque vitrail de Simon, chaque ferronnerie de Brandt, chaque mosaïque de Guilbert-Martin est une forme de défi lancé à la destruction. Et ce défi, près d'un siècle plus tard, il est toujours là — pour peu qu'on pense à lever les yeux.

Pour aller plus loin, le site Visit Reims propose un parcours Art déco interactif à faire à son rythme : Sur les pas de l'Art déco. Et pour une visite commentée par un guide-conférencier agréé, l'Office de Tourisme du Grand Reims organise régulièrement sa balade Art déco : reims-tourisme.com.

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